Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que les États-Unis ont tendance à recourir à leur aventurisme militaire précisément lorsqu’une solution diplomatique semble imminente. Il a souligné aussi que la République islamique d’Iran ne cédera jamais aux pressions.
Dans un message publié vendredi sur la plateforme de médias sociaux X, Araghchi a écrit : « Chaque fois qu’une solution diplomatique est sur la table, les États-Unis optent pour une aventure militaire inconsidérée. S’agit-il d’une tactique de pression grossière ? Ou du résultat des efforts d’un saboteur qui, une fois de plus, entraîne le président américain dans un nouveau bourbier ? »
« Quelle qu’en soit la cause, le résultat est le même : les Iraniens ne cèdent jamais aux pressions, et la diplomatie en est toujours la victime », a-t-il ajouté.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a publié ce message après l’attaque, dans la nuit de jeudi à vendredi, du quai Bahman sur l’île iranienne de Qeshm, lors d’un violent échange de tirs entre les forces armées iraniennes et des unités ennemies opérant près du détroit d’Ormuz.
Selon l’agence de presse iranienne Fars News, une partie de la zone commerciale du quai Bahman, sur l’île de Qeshm, a été touchée et partiellement endommagée lors de l’affrontement.
Les militaires iraniens ont riposté avec force aux actes hostiles dans cette voie maritime stratégique du détroit d’Ormuz, et ont obligé les agresseurs à battre en retraite après avoir subi des pertes.
Plusieurs détonations ont été entendues près de la ville portuaire de Bandar Abbas dans le sud du pays.
La chaîne Fox News a rapporté que l’armée américaine avait mené des attaques contre les ports de Qeshm et de Bandar Abbas, mais a prétendu que ces attaques ne signifiaient pas le début d’une nouvelle guerre.
Alors que la chaîne d’information i24NEWS du régime israélien s’est empressée de citer une source israélienne prétendant qu’« Israël n’a absolument aucun lien avec les événements de ce soir en Iran », d’autres sources, y compris au sein du régime sioniste, ont directement accusé des avions de chasse des Émirats arabes unis d’être à l’origine des bombardements.
L’agence de presse iranienne Tasnim a mis en lumière des indices clairs d’une implication hostile des Émirats arabes unis, décrivant le gouvernement émirati comme un « simple instrument » aux mains du régime sioniste.
Aucune victime n’a été signalée à la suite de la frappe sur le quai commercial à vocation civile, ce qui souligne la précision des mesures de défense iraniennes face à une provocation directe.
Par ailleurs, M. Araghchi a rejeté les informations relayées par les médias, citant un responsable américain qui aurait déclaré que l’Iran conserve « environ 75 % de ses stocks d’avant-guerre de lanceurs mobiles et environ 70 % de ses stocks de missiles d’avant-guerre ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré : « La CIA se trompe. Notre stock de missiles et notre capacité de lancement ne sont pas à 75 % par rapport au 28 février. Le chiffre exact est de 120 %. Quant à notre capacité à défendre notre peuple, elle est de 1 000 %. »
Les États-Unis et le régime israélien ont lancé une offensive aérienne illégale contre l’Iran le 28 février, environ huit mois après avoir mené des attaques non provoquées contre le pays en juin 2025.
Les attaques ont été lancées alors que Téhéran et Washington avaient tenu trois tours de négociations indirectes à Mascate, capitale du Sultanat d’Oman, et à Genève en Suisse, et prévoyaient d’ouvrir des pourparlers techniques à Vienne, capitale de l’Autriche.
L’Iran a rapidement riposté aux frappes en lançant des salves de missiles et des attaques de drones sur des cibles israéliens dans les territoires palestiniens occupés, ainsi que sur des bases et des intérêts américains dans les pays de la région.
Un cessez-le-feu de deux semaines, négocié par le Pakistan, a été instauré le 8 avril, permettant la tenue des négociations à Islamabad.
L’Iran y a proposé un plan en dix points exigeant le retrait des troupes américaines et la levée des sanctions.
Malgré 21 heures de pourparlers intenses les 11 et 12 avril, les délégations iranienne et américaine sont rentrées à leurs capitales respectives sans accord. L’Iran a invoqué une profonde méfiance quant à la capacité de Washington à honorer ses engagements.
La République islamique d’Iran a annoncé que la reprise des négociations de cessez-le-feu dépendrait de la levée du blocus naval illégal imposé par les États-Unis aux ports iraniens, ce que les autorités iraniennes considèrent comme une violation flagrante du cessez-le-feu.